Au Cnam, petites startups deviendront grandes !

Cnam Incubateur

Publié le 23 mars 2017 Mis à jour le 6 juillet 2017

Depuis mai 2016, l’incubateur du Conservatoire accueille entre ses murs une première startup lauréate de son premier appel à projets. Un an durant, de jeunes entreprises, tournées vers l’innovation et à fort potentiel de création d’emploi, pourront croître dans cet espace de travail mutualisé, tout en profitant d’accompagnements et conseils d’experts. Un avantage de taille!

Ce matin-là, l’ambiance est studieuse au sein de l’espace coworking de l’incubateur créé au sein du Conservatoire. Parmi la quinzaine de jeunes gens affairés sur leur ordinateur portable, Kévin Allec, 25 ans, fondateur et président-directeur général d’Ayni, une application visant à mettre en lien avec un correspondant toute personne qui souhaite se perfectionner dans la pratique d’une langue étrangère. La communauté d’Ayni compte déjà plus de 3 000 utilisateurs de 60 nationalités et tente ainsi de pallier un écueil répandu: « Pour apprendre une langue, il faut la parler. Or aujourd’hui, le principal frein, c’est justement la difficulté à trouver quelqu’un avec qui converser», estime Kévin Allec. Avec son associé Jordan Jeandon et leur deux collaborateurs, il vient de prendre ses quartiers au Cnam incubateur la semaine précédente afin d’y développer sa jeune startup.

Un accompagnement multi-dimensions…

Son installation le ravit: «C’est un lieu super, qui propose pas mal de séances de coaching, s’enthousiasme-t-il. Et puis, le Conservatoire, c’est surtout une institution reconnue, en lien avec le monde de la recherche, ce qui peut être intéressant pour notre projet.» À sa disposition, 300 m2 d’espace de travail mutualisé. Prochainement, il participera à ses premiers ateliers collectifs de formation, ou workshops dans le jargon. «En 12 mois, chaque porteur de projet suivra les huit ateliers prévus» indique Sabrina Krouri, responsable de Cnam incubateur. Au programme des formations très concrètes à dimensions commerciales et financières : comment prospecter par téléphone ; rédiger son argumentation commerciale ; gérer son stress avant un entretien commercial; réussir son crowfunding et sa levée de fonds…?

«L’une des spécificités de notre incubateur, c’est l’accent mis sur les démarchages commerciaux. Car j’ai constaté que le développement commercial est toujours compliqué pour les nouveaux entrepreneurs», pointe Sabrina Krouri, qui est loin d’être novice en la matière. En 13 ans d’exercice dans ce domaine, elle a accompagné plus de 1000 entrepreneurs. Le soutien aux startups ne s’arrête pas là : coachings individuels, permanences d’experts comptables et avocats, matinales Cnam Business meeting pour mettre en relation les entrepreneurs avec des responsables de grands groupes et des enseignants du Conservatoire, rencontres avec des réseaux de business angels, mutualisation d’un fichier de prospection...

L’espace coworking accueille aussi des étudiants de la communauté d’établissements heSam, dans le cadre du dispositif Pépite (pôle étudiant pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat). Son but ? «Sensibiliser les étudiants à la création d’entreprise, expose Sabrina Krouri. Depuis mai, ils découvrent la vie d’entrepreneurs aux côtés de l’équipe d’Ayni.»

… pour consolider les startups

L’accompagnement ciselé des porteurs de projets durera un an mais pourra être prolongé de six mois. Le temps de permettre à ces jeunes startups de consolider leurs assises. Prérequis pour intégrer l’incubateur : être tourné vers l’innovation et posséder un fort potentiel de croissance.

Soutenu par la région Île-de-France et la Ville de Paris, le Cnam incubateur a rejoint la quarantaine d’incubateurs qui fleurissent à Paris, première ville européenne dans l’accueil des startups. Un positionnement qui sera renforcé avec l’ouverture de la Halle Freyssinet dont la vocation est de devenir le plus grand incubateur mondial en accueillant 1000 startups ! Un défi auquel le Cnam incubateur souhaite participer, puisqu’il a déposé un dossier de candidature pour y être hébergé.

En attendant, afin de ne pas passer à côté de beaux projets, de nouvelles sessions de sélections de porteurs de projets ont lieu tout au long de l’année. 

Aurélie Verneau