Où sont les femmes ?

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8 mars 2018

Le 8 mars, la journée internationale des droits des femmes est l’occasion de dresser un état des lieux de la place des élèves femmes et des chercheuses au Cnam.

Cela fait plus d'un siècle que le souhait d'égalité entre les femmes et les hommes s'est concrétisé par l'instauration d'une journée internationale des droits des femmes.

Posez autour de vous la question sur la date de début de célébration de cette journée ; vous serez surpris·e, ou conforté·e dans votre « certitude », par le fait que la plupart des personnes pensent que cela remonte à une cinquantaine d’années tout au plus.

Ce 8 mars, nous célébrons toutes et tous la journée internationale des droits des femmes en mettant à l’honneur leurs parcours, leurs réalisations et leurs défis. Même si des avancées ont été réalisées depuis l’origine du mouvement, beaucoup reste à faire. Nous continuerons ainsi à célébrer cette journée du 8 mars, jusqu'à ce que cette quête d'égalité devienne réalité dans un avenir proche, avec le concours de toutes et tous.

L'histoire du 8 mars

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Des élèves femmes encore trop peu nombreuses dans les filières scientifiques et technologiques

Élèves femmes au Cnam, vous écrivez vous aussi une partie de cet avenir via vos projets d’études. Vous avez choisi de suivre votre formation dans une institution, forte de ses 224 ans d’existence, qui a su s'adapter à plusieurs défis sociétaux, et a su porter les valeurs de promotion et d’ouverture sociales et de citoyenneté, et bien évidemment l’égalité entre les femmes et les hommes.

En adhérant à la charte pour l’égalité entre femmes et hommes dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, le 8 mars 2016, le Cnam s’est engagé à veiller au respect mutuel entre les sexes et à lutter contre les stéréotypes et les discriminations. Le Cnam a été aussi l’un des cinq premiers signataires de la convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe, ce qui permet une ouverture du champ des possibles pour toutes et tous et contribue à promouvoir une société d’égalité. À ce titre l’EICnam est depuis la rentrée 2017 « École d’Ingénieur·e·s du Cnam », un petit pas certes, mais dans cette quête de l’égalité femmes-hommes, toutes les contributions, tous les gestes, même les plus petits sont autant de pavés utiles sur la voie du progrès social.

Au Cnam comme ailleurs, d’énormes progrès ont été réalisés sur le chemin de l’égalité, mais le travail n’est pas encore achevé. Le premier chantier est la lutte contre la perpétuation de certains stéréotypes de genre dans les choix d’orientation scolaire et universitaire. Le graphique ci-après illustre cette différence avec une grande disparité dans les domaines des sciences industrielles, à majorité masculine, et des sciences humaines et sociales, à majorité féminine. Aujourd’hui donc, au Cnam comme dans toutes les universités en France, les femmes restent encore très minoritaires dans les filières scientifiques et technologiques.

La répartition des femmes par domaines d'enseignement

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S’il est utile de signaler et rappeler les écarts par rapport à la parité, il l’est tout autant s’agissant de progrès dans ce domaine, qu’il faut saluer et encourager. Ainsi, des avancées vers la parité au sein des équipes pédagogiques nationales (EPN) sont à noter dans divers domaines. À ce titre, l’EPN 10 « Comptabilité, contrôle et audit » remporte la palme de la parité avec un pourcentage de femmes élèves inscrites à l’établissement public de 49%, suivie de près par l’EPN 7 « Industrie, chimie, pharmacie, agroalimentaire » (52%), l’EPN 11 « Territoires » (53%) et l’EPN 9 « Économie, finance, assurance, banque » (46%).

Les trophées de la parité

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Dans ce palmarès de la parité, la « surprise » est venue principalement de l’EPN 7 qui regroupe des secteurs habituellement à forte dominante féminine. La parité, c’est aussi des hommes qui intègrent des domaines traditionnellement « réservés » aux femmes.

Notons aussi que 4 EPNs sur 16 sont dirigées par des femmes. Il s’agit de l’EPN 3 « Électronique, électrotechnique, automatique, mesures », de l’EPN 12 « Santé, solidarité », de l’EPN 13 « Travail » et de l’EPN 14 « Droit et Immobilier ». Les directrices des EPN restent particulièrement peu nombreuses dans les filières de sciences dures (12,5%) par rapport aux sciences humaines et sociales (37,5%).

Les femmes dans la recherche au Cnam, majoritaires dans les sciences humaines et sociales

Alors qu’en France les femmes sont légèrement majoritaires dans les études supérieures, 55%, toutes formations confondues, elles ne représentent plus que 26% parmi les chercheuses selon les chiffres clés du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. La France se classe ainsi au 22e rang sur 25 parmi les pays de l’Union européenne et de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) hors Australie, Canada, Chine, États-Unis et Israël (chiffres publiés en 2016), loin derrière la Roumanie (46%), le Portugal (45%) et l’Estonie (44%).

Au Cnam, la recherche s’articule autour de 20 équipes de recherche et d’un programme transverse qui accueillent 335 chercheuses (doctorantes, enseignantes chercheures et personnel de soutien à la recherche) sur un total de 765 ; soit un taux de féminisation de 44%. La part de femmes directrices d’équipes est de 29% (au 31 décembre 2017).

316 doctorant·e·s, dont 164 femmes et 152 hommes, sont inscrit·e·s dans une trentaine de spécialités au Cnam, une quasi parité femmes-hommes. Des différences demeurent cependant selon les formations suivies : 29 % des doctorantes sont inscrites dans les sciences dures, contre 71% en sciences humaines et sociales, des pourcentages comparables à la moyenne nationale.

Les statuts des chercheur·euse·s

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Depuis plusieurs années, la place des femmes au Cnam s’est renforcée au sein de la population des enseignant·e·s-chercheur·euse·s (EC) et du personnel de soutien à la recherche (Bibliothèque, Ingénieur·e·s, Administratifs, Technicien·ne·s, Social, Santé - BIATSS). 38% des postes d’EC et 39% des postes de BIATSS sont occupés par des femmes. On constate cependant une réduction du nombre des femmes au fur et à mesure qu’on s’élève dans les postes à responsabilité. Le Cnam compte ainsi 105 femmes maitresses de conférences sur un total de 241, et 29 femmes parmi les professeur·e·s du Cnam et des universités sur un total de 114. Cette sélection verticale se double d’une sélection horizontale, selon les disciplines. C’est le triste fameux « plafond de verre », encore très présent dans le milieu académique en France.

Les cerveaux du Cnam

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Une note positive est à apporter à ces chiffres : une projection du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation prévoit la parité Femmes / Hommes en 2027 chez les maitre·sse·s de conférences.

Où sont donc les femmes au Cnam ?

À l’image des autres établissements de l’enseignement supérieur, elles sont largement présentes dans les sciences humaines et sociales, et encore peu nombreuses dans les sciences dures.

C’est à chacun·e de vous, lectrices et lecteurs, et nous, élèves et chercheuses au Cnam, de nous interroger sur nos représentations, nos croyances et nos définitions du genre. Ce 8 mars est peut-être aussi l’occasion de croire qu’il sera possible de modifier ce qu’il y a de plus profondément ancré en nous : nos stéréotypes !!

Najla Fourati,
chargée de mission égalité/diversité au Cnam